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Samedi 19 juillet 2008
Puisque je ne suis plus commandant de bord (pour plus d'explication, c'est ici, dans les commentaires : http://petite.pilote.legere.over-blog.com/article-19968049.html), me voilà condamnée à faire des vols en double. Alors, quitte à transporter un passager, autant le faire travailler. J'ai donc décidé de faire du VSV.

Autant vous le dire, ce n'est pas mon truc. Monter dans un avion pour regarder des pendules, je ne vois pas vraiment l'intérêt. Enfin, si, je vois un peu plus l'intérêt depuis que j'ai accidentellement traversé un sommet de cumulus : ce jour-là, sans l'aide des colibris qui étaient à bord, je n'aurais jamais pu maintenir en même temps l'assiette et l'inclinaison de mon avion. Bref, j'ai besoin d'entraînement.

L'instructeur m'a proposé de prendre le P2002. J'ai accepté. C'était peut-être un tort, cas ce n'est pas un avion très stable. Mais, au moins, après ça, je serai prête à tout, ou presque.

J'ai d'ailleurs vite compris le problème. Je me fais d'abord rappeler à l'ordre plusieurs fois parce que la bille n'est pas centrée. Et puis, j'ai l'impression de piloter une savonnette. Impossible de maintenir un cap constant. Dès que je relâche mon attention, ça s'incline et ça tourne. Impossible aussi de faire deux choses à la fois : je n'arrive pas à tourner et me mettre en palier en même temps. Très difficile aussi de ne pas overshooter les caps demandés. Bref, je ne sais plus du tout piloter.
Dans ces conditions, je n'arrive pas non plus à faire la radio, ni à faire plus que suivre aveuglément les instructions de cap et d'altitude qu'on me donne. J'ai vraiment l'impression d'être revenue à mes premiers tours de piste.
Une chose me rassure : quand j'enlève la casquette de VSV, mon pilotage redevient naturel et mon cerveau retrouve de sa fluidité.
Ceci dit, au bout d'une quarantaine de minute, mon atterrissage est assez approximatif. Après des manœuvres incompréhensibles pour moi, je suis autorisée à enlever la casquette en finale. Je suis presque dans l'axe, mais je ne sais pas comment c'est arrivé. Une petite baïonnette, pour rectifier l'axe. Ca je sais encore faire. Puis un atterrissage, dont je ne suis pas très contente. Bref, j'ai des progrès à faire. Heureusement, que, en descendant de l'avion, l'instructeur me dit : "Même si tu n'as pas beaucoup volé, tu n'as pas trop perdu". Merci de me le dire, je me posais justement la question.

Je remets ça le lendemain. Apparemment, la nuit a été productive. J'ai beaucoup moins de peine à maîtriser mes virages et j'arrive à réfléchir en pilotant (étonnant non ?). Par contre, cette fois-ci, c'est l'assiette qui me cause des soucis. Je n'arrive pas à maintenir mon altitude. Et ça s'aggrave avec la fatigue.
Nous allons jusqu'à Montdidier en VSV. Approche interrompue sur le terrain, en utilisant le GPS comme un VOR. Le retour se fait en VFR, ce qui me repose beaucoup. Et, cette fois, mon atterrissage à Beauvais est meilleur.
J'ai prévu de faire encore 6 heures cet été; je crois que je vais finir par y arriver.
publié dans : Journal d'un Petite Pilote Légère
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Mercredi 28 mai 2008
Voilà, ça va devenir compliqué de piloter maintenant... çe blog va avoir du mal à se remplir.

Depuis lundi, c'est officiel, je ne suis plus commandant de bord, je suis condamnée au vol en double. Au moins jusqu'en janvier.
En trois semaine, je suis passée du doute confus à la certitude, de plus en plus forte, jusqu'à ce bout de papier.
Et je suis très contente.

Alors, que m'arrive-t-il ?
publié dans : Tranches de vie
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Mardi 30 octobre 2007
A en croire la lecture de la « Pilotliste » les perfectionnistes sont assez nombreux parmi les élèves pilotes. Un jeune lâché nous disait : « Pour moi piloter c'est: aucun atterrissage raté et surtout aucune erreur ou oubli en vol !!! D’où une certaine remise en question et une appréhension du lâché : que se passera t-il si j’oublie une action ? ».
Je dois vous avouer : je suis perfectionniste et je me suis posé les mêmes questions. Avec, pour moi aussi, cette impression : « Si j’oublie quoique ce soit, il va arriver une catastrophe. » Mais je me soigne, entre autre, en racontant mes différentes bêtises sur ce blog. Et surtout, j’ai appris que la remise des gaz est une bonne réponse dans beaucoup de cas, quand on doute.

J’ai fait une remise de gaz qui a du être très remarquée lors du rassemblement à Avranches. J’étais très en retard, tous les participants attendaient et devaient, j’imagine, avoir très faim.
Et, effectivement, j’avais fait des erreurs…

A ma décharge, le vol avait été un peu difficile. Un nav un peu improvisée pour prendre deux passagers à l’Aigle. Puis, nous sommes passé par-dessus la couche de façon euh… peu orthodoxe. Et nous avons constaté que, en allant vers l’Ouest, la couche se soudait. Personnellement, je m’attendais, au contraire à ce que les nuages disparaissent. C’était donc une surprise un peu désagréable. Il a fallu attendre la mer pour que les nuages disparaissent. Nous sommes donc repassés sous la couche nuageuse au-dessus du golf de Saint Malo.

Bref, j’étais contente d’arriver et j’avais déjà eu mon content d’émotions en vol. Résultat : lors de mon intégration à Avranches, j’ai oublié « quelques petits détails ». Entre autre, les volets sont restés en positions « Take off » et j’ai oublié de les mettre sur « Landing » en finale. Le problème, avec le DA40, c'est qu'il est un peu difficile sur ces vitesses d'atterrissage : si on est trop rapide, il ne se pose pas. Personnellement, j'ai un peu de mal à l'atterrir court. Donc, vous imaginez, s'il n'y a pas assez de volets, et sur une piste un peu courte…
J'avais donc réussi à poser la bestiole, mais, par contre, je trouvais qu'il allait un peu vite, ça secouait terriblement… et que le bout de piste se rapprochait un peu trop.

En quelques secondes des tas d'idées me sont passées en tête :

  1. 1° Le souvenir d'un freinage un peu brutal, à l'extrémité de la piste. J'étais en 112, et au freinage, l'avion avait un peu piqué du nez. Je m'étais fait très peu et m'étais jurée de ne plus jamais faire ça.
  1. 2° Des morceaux de rapports d'accidents ont flotté dans ma tête. Concernant des sorties de pistes longitudinales.
  2. Puis une question : "Il est comment le bout de la piste à Avranches ?  On peut rouler dessus sans risque ou non ?"
  1. 3° A la question, je réponds : "A mon avis, vu l'environnement, le bout de piste doit plutôt être dans le genre boueux"
  1. 4° Je visualise l'avion embourbé.
  1. 5° Je vois la tête du président de l'aéroclub, si je lui dis que l'avion est coincé dans la vase en bout de piste à Avranches.
  1. 6° Je remets les gaz.
Le tout s'est passé en quelques secondes.
A ma grande surprise, en remettant les gaz, je remarque que j'ai pris en main et poussé les trois manettes de l'avion en même temps. Je ne croyais pas avoir intégré ce réflexe, propre aux hélices à calage variable. Apparemment, sous stress, je réagis plutôt bien.

C'est environs 300 ft plus hauts que j'ai compris mon erreur : sur cette piste courte, avec un seul cran de volets, je n'avais aucun chance de faire un atterrissage propre.

Un tour de manège plus loin, j'atterrissais tranquillement. Euh non, pas tranquillement. La piste étant franchement bosselée, le roulage restait tout de même plutôt agité. Et l'avion, lui, il est revenu vert. Non, pas de peur, mais avec des projections de petites algues qui devaient se trouver sur la piste…
par MarieOdile publié dans : Journal d'un Petite Pilote Légère
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Mercredi 3 octobre 2007

La scène se passe au printemps 2000. A l’époque, bien que travaillant sur un aéroport, on ne peut pas dire que j’aime les avions. Ils font partie du paysage, ils ne sont pas désagréables, mais je ne les regarde pas. Ce que j’aime, moi, ce sont les « sans-moteurs », du parapente au planeur. Ils me fascinent et, indirectement, ils m’ont conduit à travailler à la météo. Mais il n’y en a pas à Beauvais.
Une seule chose me rapproche des avions : j’ai fait une demande auprès de Météo-France pour le financement d’un brevet de base. J’ai appris que c’était possible, et je me suis dit que ce serait une expérience intéressante.

Ce jour-là, est une journée grise, hivernale, humide ; comme il y en a tant chez nous. Un temps du genre 7 km de visibilité et 8/8 de stratocumulus. Nous avons un petit stagiaire à la météo. Comme la situation est calme, je l’emmène voir les contrôleurs. Un avion de club est en-train de faire des tours de pistes. Je n’y connais pas grand’chose, mais je comprends au moins l’expression « touché ». Je peux donc expliquer au stagiaire de quoi il retourne et nous regardons l’avion atterrir et redécoller.
Encore un ou deux tours de pistes, puis il y a du changement. Cette fois c’est la contrôleuse qui nous explique : il s’agit d’un lâché, donc l’instructeur va descendre de l’avion et laisser l’élève partir seul. Cela me fait un choc : je n’avais jamais réalisé que, si on prend des cours d’avions, un jour on doit partir tout seul pour la première fois. Et je me dis : « Si mon financement est accepté, ça pourrait être moi, un jour, dans l’avion. »
Je me mets alors à la place de l’élève. Et ce qui me fascine, ce n’est pas l’avion, mais l’instructeur qui s’en va. La largeur de deux pistes nous sépare et, dans cette journée grise, il n’est qu’une longue silhouette qui s’éloigne. Mais, 7 ans après, son image est encore nette dans ma tête. Et je ressens, à cet instant, un mélange brutal d’émotions différentes : solitude, peur, abandon, et tant d'autres encore... Et cela, je ne l’ai jamais oublié.

Quelques mois plus tard, j’avais obtenu mon financement, et je découvrais la passion brutale de voler.
Encore quelques mois, et, au même endroit, le même instructeur me plantait, seule, avec mon avion. Mais, cette fois-là, je ne l’ai pas regardé s’éloigner : je savais ce que ça faisait comme impression.
par MarieOdile publié dans : Journal d'un Petite Pilote Légère
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Vendredi 17 août 2007
Encore quelques questions issues de la pilotlist
"La couche d'inversion c'est bien là où la température se met à augmenter avec l'altitude?
Et est-ce là qu'il y a toujours la séparation entre l'air brumeux au niveau du sol, et l'air clair au-dessus?
Quelles sont les conditions qui font qu'une telle couche d'inversion apparaît ?
Qu'est-ce qui fait que la température peut augmenter avec l'altitude? Un fort refroidissement du sol ?"

Petit résumé de la situation :
La source de chaleur principale de notre planète est le soleil.
L'air est un très bon isolant et donc, le soleil le réchauffe très peu directement. Par contre, les rayons du soleil, en frappant le sol, le réchauffent. Et ce réchauffement se transmet progressivement à l'atmosphère, par le bas. C'est pour cela que, dans la tropopause (en gros, en dessous de 12 km d'altitude) la température de l'air diminue avec l'altitude. En moyenne, de 2°C par 1000 ft. En moyenne…
Une inversion de température c'est une couche d'atmosphère où, justement, contrairement à cette moyenne, la température augmente avec l'altitude.

Une des premières raisons de la mise en place de cette inversion, c'est un refroidissement nocturne. Lors d'une nuit froide, le sol se refroidit plus vite que l'air. Ce refroidissement se transmet peu à peu à l'atmosphère. Dans la couche touchée par le phénomène, on a donc une inversion de température. C’est le cas que vous rencontrerez le plus souvent en aviation légère.

Une autre raison peu être un anticyclone. Dans ce cas, l'air est compressé au niveau du sol, un peu comme si vous appuyiez sur un ballon. On appelle cela de la « subsidence ». Or, de l'air qu'on compresse se réchauffe. Tout comme, à l'inverse de l'air qu'on détend se refroidi ; c’est ce qui explique les phénomènes de givrage dans le carburateur.
Dans ce cas, l’air se réchauffe par le haut, donc, assez souvent, il se forme souvent des couches d'inversions. A l'inverse du refroidissement nocturne, ces couches d'inversions peuvent être à toute altitude, et non pas seulement en partant du sol.

Troisième cas : si une masse d'air chaude se glisse au-dessus d'une masse d'air froide. Cas, typique, un front. Le phénomène est plus net sur les fronts chauds.
Cela arrive aussi lors des occlusions de type "cas d’école", pas très courant, à vrai dire. Là aussi, comme l'air chaud est rejeté en altitude une inversion se forme.

Oui, mais, concrètement, ça se traduit comment ?

Avec cette couche d’inversion, il se crée une séparation nette entre ce qui se passe en dessous et au-dessus. En effet, l’air froid du bas à tendance à descendre et reste plaqué au sol. Il entraîne l'humidité et les saletés. Celles-ci restent en bas, bloquées par l’inversion et donc, au-dessus l’air est franchement limpide.

On voit bien sur cette photos (de Patrice Godard), l'aspect flou de la couche inférieur. Et, même, une bande blanche au niveau de l'inversion. En quelque sorte, la lumière se reflète sur l'air humide inférieur. En tout cas, c'est ma meilleurs interprétation.



Il arrive parfois qu’on parle de couche d'inversion alors que météorologiquement, il n'y en a pas (ou plus). C'est quand on retrouve le même phénomène une zone brumeuse en dessus, une zone claire au-dessus.
C'est presque toujours le cas quand le cumulus sont en train de se former.

Couche d'inversion avec cumulus













Pourtant, au sens propre du terme si le cumulus commencent à se former, c'est que l'inversion n'est plus là. Mais la ligne à laquelle se forment les cumulus est, elle-aussi, une limite nette.

Cumulus flottants

On à l'impression que les cumulus flottent dessus. Ca se voit surtout avec de petits cumulus. S’ils sont petits le brassage entre les deux couches est faible et on voit nettement la différence. Les deux photos ci-dessus (de David Vignal) illustrent très bien ce phénomène.

Quand les cumulus grossissent, le brassage de l'air est vigoureux et les différences s'atténuent. Au-dessus de cumulus, ça reste limpide, mais, en dessous, l'humidité s'en va : elle alimente les cumulus. Et peu à peu, sous les cumulus ça s'éclaircit également jusqu'à devenir limpide, dans les beaux ciels de traîne.

Remarque, pour ceux qui aiment la précision. Par définition, il y a inversion seulement si la température décroît avec l'altitude. Mais en fait, l'atmosphère reste stable (une inversion est un air stable) quand la température décroît faiblement. C'est le cas si, par exemple, elle diminue, mais de moins de 2 °C par 1000 ft.
A vrai dire, si on veut savoir précisément si un air est stable ou pas, on utilise d'autres outils : des températures "potentielles" et des températures "pseudo-adiabatique du thermomètre mouillé". Mais, je n'ai aucune envie de vous faire 10 heures de cours pour vous apprendre à exploiter ces notions ! Surtout que vous ne les utiliserez jamais…
par MarieOdile publié dans : Cours de météo
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