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Vendredi 28 avril 2006
Le givrage carburateur peut être une cause d'accident en avion : tout d'un coup votre moteur tousse, il n'est plus alimenté en essence et s'arrête. Au sol, on ne retrouve pas la cause de la panne, tout marche bien.
Cela arrive dans les avions, mais aussi, parfois, dans les voitures. Certains connaissent cela avec les deux chevaux et j'avais eu le problème dans mon ancienne AX. Au bout d'à peu près ½ heure de route, le moteur s'arrêtait, sans essence, j'attendais au bout de la route et ¼ d'heure plus tard, ça repartait, la glace dans le carburateur avait fondu et le moteur repartait… jusqu'à la panne suivante.

Vous allez me dire, le givrage du carburateur, ce n'est pas de la météo, c'est de la mécanique. Oui, mais il y a un rapport avec la météo.

Le givrage a lieu, parce que dans le carburateur, au passage du gicleur l'air est refroidi de 10 à 15 degrés. Donc, si dehors il y des températures entre 0 et 15 dg, au niveau du carburateur, l'air est entre 0 et –10°C.
Si l'humidité est forte, de l'eau qui passe avec l'air dans le gicleur. Or à cette température, l'eau se trouve en général sous forme surfondue. C'est à dire que, même si elles sont à températures négatives, ce sont des gouttelettes d'eau sous forme liquide. Mais cette surfusion est instable et dès qu'une gouttelette touche quelque chose (la paroi de votre carburateur, en l'occurrence) elle se congèle. Cela peut finir par obstruer complètement le gicleur.
S'il fait plus froid, le carburateur se trouve à une températures inférieure à -10°c et il n'y a quasiment plus d'eau surfondue. Il y a plutôt des petits cristaux de glace, qui auront beaucoup moins tendance à boucher le gicleur.
Par MarieOdile - Publié dans : Cours de météo
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Vendredi 28 avril 2006
Je connais deux cas où le brouillard se reforme rapidement, risquant de vous enfermer. Vous pouvez même être obligé de vous poser dans un champ d'urgence.

1) le brouillard d'advection. J'en ai déjà parlé (http://petite.pilote.legere.over-blog.com/categorie-537759.html). Il est redoutable. Il faut un peu de vent pour qu'il existe. Mais il peut alors envahir le terrain en 10', en surprenant le météo lui-même s'il est très tôt et pas encore d'image satellite des basses couches disponibles (il faut du soleil pour voir ce genre de phénomènes). Il peut aussi se reformer derrière vous. Donc dans ce cas, le champ est effectivement la meilleure solution. Ou prendre la fuite et atterrir plus loin.. mais ça peut mener très très loin, il faut donc de l'essence.

2) la "trouée du couillon" qui peut arriver s'il y a de la rosée, mais surtout de la gelée blanche.
La gelée blanche, vous savez, ces petits cristaux de glace qui blanchissent l'herbe en hiver, quand il gèle et que l'air est calme. Sur l'herbe, c'est très joli. Un peu moins sur votre voiture, ça vous oblige à gratter.
Donc l'air est calme, froid du brouillard s'est formé en fin de nuit. C'est une situation anticyclonique. Le soleil se lève et dissipe le brouillard. Vous attendiez tout impatient au pied de votre avion et vous partez (situation anticyclonique, c'est censé ne pas se reformer).
Et le soleil fait s'évaporer la gelée banche qui était au sol… Or de la gelée blanche, pour se transformer en vapeur d'eau a besoin de chaleur, de beaucoup de chaleur. Où va-t-elle la prendre ? Dans l'air, qui se refroidit brutalement.
L'air se refroidit, T descend au niveau de Td et... le brouillard se reforme.
Et vous vous venez de décoller et vous êtes au-dessus... vous comprenez pourquoi ça s'appelle la "trouée du couillon".
Bon, généralement, le second brouillard se dissipe assez rapidement, mais tout de même.
Donc méfiez-vous quand il T et Td sont proches (moins de 3 degrés de différence, après, il n'y plus trop de risque), avec de la rosée, ou pire de la gelée blanche. Même le météo peut se faire avoir, s'il n'a jamais expérimenté le phénomène, ou n'y a pas pensé.

Par MarieOdile - Publié dans : Cours de météo
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Samedi 15 avril 2006

La saison des baptêmes commence à approcher, et le club pense à renouveler sa flotte. On le sent dans les conversations : il y a une fournée prévue au mois de mai et les membres du comité s'interrogent : qui a les 30 heures, la visite médicale à jour ? Dans le lot, a qui faire confiance ?

 

Jeudi, je m'étais incrustée comme passagère dans une nav où il y avait deux élèves. Tout d'un coup, alors que je somnolais tranquillement à l'arrière, le chef-pil-instructeur se retourne m'interpelle : "si tu veux faire des baptêmes, le mieux, c'est de choisir un seul avion; et je te montrerai un circuit visuel pour faire tes check-listes plus vite". (il trouve qu'on est trop longs en baptême et aimerait que ça tourne plus vite)

Le cessna 172 diésel
Ca tourne un peu dans ma tête, je réfléchis à l'avion qui me parait le mieux et choisis le 172. Mais je ne dis rien là dessus.

Un passger satisfait

Aujourd'hui, j'étais au club, en train d'étudier le manuel de vol du DA40. Je ne suis toujours pas lâchée sur la bestiole, et je m'instruis.

Encore une fois le chef-pilote me tombe dessus sans crier gare et me pose la question qui tue : "Elle date de quand ta visite médicale ?" Je réfléchis, bredouille en même temps, puis me rappelle qu'elle a moins d'un an. La question suivante est alors : "T'as 30 heures de vol dans la 12 derniers moi". Ca je connais la réponse, c'est OUI. Arrive alors l'explication : il avait un baptême prévu, mais les gens n'arrivent pas, et après, il a des élèves. Donc il ne peut pas décaler le baptême. Et je suis là, et je remplis les conditions. Donc, y'a pu qu'à remplir la feuille d'autorisation et si les gens arrivent, je les emmène. Sur le coup, ça m'a mis un gros coup de trac. Mais, oui, j'ai envie de faire des baptêmes et je me sens cap d'y aller. On cherche le formulaire du club : il date de l'an dernier, le nom du président n'est plus bon, mais surtout, il n'autorise que "monsieur xx" à faire des baptêmes pour le club, à croire que les femmes n'en font pas !  En tout cas, il n'y a eu que des hommes en 5 ans. Mais ce n'est pas grave, le formulaire est changé pendant que je fouille dans mon carnet de vol et calcule les heures qu'on me demande. Formulaire signé, suis autorisée.

 

Avant de partir avec son élève, l'instructeur me fait quelques recommandations : attacher moi-même les gens dans l'avion, vérifier qu'ils savent se détacher, les mettre dans l'avion et fermer la porte moi-même (ça, je le sais, si on ne le fait pas et que le passager l'a mal fermée, elle s'ouvre toute seule en vol. Ca peut être stressant pour un baptême), ralentir s'ils sont malades.

Je dis oui, avec toujours le trac, en me disant que de toute façon, il y a de bonnes chances que les gens ne viennent pas. Le temps est couvert et ils ont dû se dire que ce n'était pas possible.

Effectivement, ils ne sont pas venus.

Mais j'ai quand même failli faire mon premier baptême...

Par MarieOdile - Publié dans : Journal d'un Petite Pilote Légère
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Mercredi 22 mars 2006

Cette photo, je le reconnais est très moche, mais elle illustre un vol mémorable.

Aile du DA40 à Montdidier

Mercredi, en effet, un nouveau et très couteux jouet est arrivé au club. DA40 essence, hélice à calage variable (et pas automatique, il n'y a pas de FADEC)

J'ai fait mon premier vol de prise en main samedi (en double). Un vol vers Montdidier, avec une série de changement d'attitude pour commence à apprivoiser l'hélice à calage variable. La seule que je connaisse jusqu'ici, c'est celle du C172 motorisé diesel, donc avec un FADEC qui fait les réglages tous seuls.
Elle m'en a fait baver, l'hélice. Je n'ai rien vu du vol, j'ai passé mon temps à regarder le panneaux de parmètre moteurs et hélice. Et à rien y comprendre.
L'intégration à Montdidier m'a permi d'apprécier la maniabilité de l'engin. J'ai bien du mal à trouver la hauteur d'arrondi. Ca c'est fini avec un aversisseur de décrochage hurlant tout ce qui peut (un mélange de flipper le dauphin et de chat enragé) et un avion qui ne touchait pas la piste. Enfin, posé pas cassé, donc réussi.

Changement de pilote à Montdidier, photo, retour.

Deuxième vol de prise en main hier, toujours en double. J'avais révisé les réglages moteurs et hélice dans les différents paramères, ça va (un peu) mieux. Le décollage avec cet engin est un plaisir, il prend l'air tout seul à la bonne vitesse. Il a même tendance à décoller trop tot si le manche est un peu arrière. Pente de montée très impressionnante : on ne voit plus devant si on respecte la vitesse pérconisée. Après ça, nous sommes montés à 3000 ft faire de la mania.
-essai des volets : le volet position décollage porte beaucoup ; en posisiton atterissage, par contre, la traînée est importante
-décrochage avec et sans volets : à moins de tirer dessus comme un malade et de lui mettre le nez au zénit, il a tendance à parachuter. Buffeting très sensible + avertisseur impossible à ne pas entendre (genre miiiiaaaowwwiiiiaaawwwwiiii, plus ou moins aigu en fonction de l'angle d'incidence).
-virages à 45° : ras
-simulation de panne moteur : j'ai raté le champ.
-atterissage encore plus lamentable que la veille : c'est l'instructeur qui me l'a posé.

Mon impression après 1 heure de mania : avion très agréable à pilote, bonne vue dehors (j'adore ça). Très sensible au manche, pour l'assiette un poil de décalage vers l'avant ou l'arrière et il se mets à monter ou descendre. Effets moteurs très nets : on voit immédiatement le capot se mettre à virer dès qu'on change la puissance, ça me plaît beaucoup. Naturellement, la bille aussi, il faut la surveiller.
Hauteur d'arrondi difficile à visualiser, du moins pour l'instant. Je n'ai pas remarqué de problème particulier avec le vent de travers.

Par contre la pubor$*ù&çàgrrr (censuré) d'hélice à calage variable me prend la tête !
Mais j'apprends quelque chose de nouveau et ça, je trouve ça bien ! J'y arriverai, na !

Par MarieOdile - Publié dans : Journal d'un Petite Pilote Légère
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Dimanche 19 mars 2006



D’abord, qu’est-ce que c’est qu’un secteur chaud ? En dehors de la zone comprise entre le front chaud et le front froid ?
Avant tout, c’est l’arrivée d’air tropical sur nos régions. Cet air tropical est chaud. Mais aussi, puisqu’il est passé sur l’Atlantique ou la Méditerranée, il est humide. Et il arrive sur un sol froid, surtout en hiver. Le sol peut aussi être froid en été, tout est relatif, il suffit que le sol soit plus froid que l’air pour que ça marche.
On va voir si vous avez bien retenus vos cours de PPL : quand de l’air humide se refroidit, il finit par… se condenser. Exactement comme l’air que vous expirez en hiver. Il est chaud et humide et arrive dans un air froid, résultat, vous « fumez » comme disent les enfants. Et cette « fumée », c’est de la vapeur d’eau qui se condense.

Donc, notre air chaud et humide arrive sur un sol froid et ça condense. Selon la situation (vent, température de l’air et du sol, degré d’humidité au départ), ça peut donner du mieux au pire :

Des strato-cumulus assez haut qui donnent quelques pluies isolées. Quelques réductions de visibilités liées à ces ondées. En général, ça arrive dans un secteur chaud d’été. Pas très grave, mais ça peut provoquer quelques émotions. (http://petite.pilote.legere.over-blog.com/article-1804285.html)
Des strato-cumulus bas ou des stratus. Ce qui est plus ennuyeux, parce que ça peut déjà accrocher le relief. Et, en plus, il risquent d’être accompagnés de brume ou de bruine, ce qui réduit parfois salement la visibilité. 
Du brouillard d’advection. Là, ne cherchez pas, vous ne volez plus. A vrai dire, les IFR aussi risquent bien d’être bloqués.
Le brouillard d’advection est un cauchemar du météo. Imaginez : à 6 h – 1/4, vous sortez, temps clair, tempête de ciel bleu, juste un petit nuage à l’horizon et vous dites : « Chouette journée ». ¼ plus tard vous avez 200 m de visibilité, et 8/8 de stratus à moins de 200 ft. Et ça dure ensuite jusqu’au soir.
J’en ai vu une fois avec plus de 10KT de vent (normalement, le brouillard et le vent sont incompatibles) ; je voyais passer de petits paquets de brouillards qui faisaient quelques mètres de diamètres et il y avait 100 m de visibilité totale.
Avec ce brouillard d’advection, nous commençons à percevoir le vrai danger du secteur chaud. Il réduit la visibilité et le plafond, oui, mais surtout il le fait SANS PREVENIR.

L’autre type de brouillard ou stratus, celui qui se forme dans les anticyclones (on les appelle brouillard de rayonnement) ne vous posera jamais de problème sérieux. Il se forme, lui, par le simple refroidissement de la masse d’air qui est là. Donc il s’installe sur place avec la baisse des températures et se dissipe quand elles montent. Simple, basique et facile à comprendre. Bien sûr, il vous empêche de décoller (ou d’arriver à destination), mais il est là, dès le matin et quand il se dissipe, il se dissipe vraiment et ça reste dégagé au moins jusqu’au soir, à la baisse des températures. Pas de problème, vous décollez quand ça se dégage et si vous trouvez du brouillard devant vous, pour pourrez toujours faire demi-tour : derrière, ça reste dégagé.

Mais, dans le secteur chaud, rien de tout cela. A l’aller, vous avez très bien pu avoir du beau temps, parce que à ce moment-là, les masses d’air les plus humides se trouvaient au-dessus d’un sol relativement chaud. Donc pas trop de nuages. Mais, au retour, comme par hasard, les masses d’air humides se sont déplacées, ont rencontré une zone plus froide et ça s’est refermé derrière vous. Et, il n’est même pas sûr que vous pourrez faire demi-tour. Ca à pu se former partout autour de vous et vous pouvez vous trouver enfermé. Et vous risquez d’être obligé d’atterrir en urgence. C’est sûr, vous aurez l’air con. Mais vous connaissez l’autre option, si vous avez lu ma devise…
Parce que, honnêtement, heurter un relief qu’on n’a pas vu, faute de visibilité, c’est un moyen de suicide très efficace ; si vous n’être pas convaincu lisez les rapport du BEA ; surtout l’hiver.

Ceci dit, une fois que vous savez tout ça, comment reconnaître un secteur chaud ?
C'est un peu une colle pour moi, car je sais où et comment obtenir des info que vous ne pouvez pas avoir. Donc j'ai fait travailler mon imagination.
Mettons que c’est l’hiver, temps à brouillard et stratus. Comment différencier le mauvais temps « anticyclone » du mauvais temps « secteur chaud » :

1° Passer voir le météo, il vous le dira... pas possible pour tout le monde.

2° Regarder la TEMSI EUROC; les fronts y sont toujours indiqués (rarement sur la TEMSI FRANCE). Un secteur chaud, c'est la zone entre le front chaud (à l'avant, symbolisé par des demi-cercles sur le trait) et le front froid (à l'arrière, symbolisé par des triangles sur
le trait).
Globalement, si vous êtes à l'avant d'un front froid et que les plafond sont bas, méfiez vous. Attention, à l'avant veut dire par rapport au sens du flux; il peut quelque fois être plein Sud, ou plein Nord. Voyez le sens des vent sur la carte en altitude.

3° Justement, prenez la carte du vent et rappellez-vous comment ils circulent par rapport aux anticyclone et aux dépression.
Dans l'hémisphère Nord, le vent laisse les basses pression à sa gauche (LOW to the LEFT). Ou si vous préférez, dans une Dépression il tourne dans le sans du Dévissage.
Situez les centres d'action (= les anticyclone et les dépessions). Voyez lequel des deux est le plus près de chez vous. Si c'est une dépression, méfiez vous.
Remarque : sur la TEMSI EUROC, les centres d'action sont indiqués par une croix avec à côté un H pour anticyclone L pour dépression.

4° Regadez le vent :
S'il y en a (une dixaine de kt) => vous êtes dans un secteur chaud (les phénomènes sont mouvants).
Il n'y en a pas => vous êtes dans un anticyclone (phénomènes évolutant localement)

5° Regardez les pressions (les QNH des METAR) :
Supérieur à 1020 = anticyclone avec certitude.
Inférieur à 1010= secteur chaud avec certitude.
Entre les deux, ça peut-être ambigu, voyez avec les autre éléments. Officiellement la limite est 1015. Mais j'ai vu des secteur chaud à pas loin de 1020.

6° Les températures : supérieur à 10°C=secteur chaud (en hiver),
Inférieur à 0°C=anticyclone à 80%.
Entre les deux= ambigu (le plus courant, pas de chance).

7° Prenez un échantillon des TAF de la région; pas pour connaître le temps prévu, pour savoir ce que pense le météo.
Il y a beaucoup de BECMG annonçant des amélioration en journée : évolution, de bonnes chance que ce soit anticyclonique.
Il y a des TEMPO : ça s'en va et ça revient, symptôme du secteur chaud.

Par MarieOdile - Publié dans : Cours de météo
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