Nous avions prévu un week-end à l’île d’Yeu, mais, comme le temps semblait incertain pour dimanche, nous nous sommes contentés d’aller, le samedi, jusqu’à Dinard.
Il y avait, d’abord l’instructeur, qui a fait piloter 4 élèves, un cinquième élève qui n’a pas piloté et 4 pilotes brevetés. Ce qui fait (vous avez vu comme je compte bien ?) 10 personnes. Nous avons donc emmené deux avions 4 places (DR400 et PA 28) et un 2 places (Cessna 152).
Nous partons en début d’après-midi. Du coup, comme nous devons rentrer avant la nuit, nous allons être assez pressés tout au long du voyage.
Première branche : Beauvais – Deauville
Pour ce début de voyage, je suis à l’arrière du DR400, piloté par Manu. Il aime voler en niveau, alors nous montons au-dessus des nuages : le spectacle est magnifique. Nous survolons les cumulus ; vous savez, ces nuages dont les sommets, en forme de chou-fleur sont tout blanc. Vu d’en haut, c’est encore plus beau. En plus l’air est calme, un vrai rêve. Entre les nuages, nous apercevons Rouen, la Seine, le pont de Brotonne. Mais les meilleurs choses ont une fin, nous approchons de Deauville, il faut redescendre sous la couche nuageuse. Il fait gris là-dessous.
Nous atterrissons les premiers (forcément, l’avion est plus rapide). Puis, c’est le PA 28 qui arrivent, et enfin, bon dernier le Cessna. Nous changeons alors d’équipage et repartons rapidement.
Deuxième branche : Deauville – Dinard
Cette fois, c’est moi qui pilote : je suis aux commandes du Cessna 152 ; à côté de moi, j’ai un excellent copilote en la personne de Bastien. Nous décollons face à la mer. En montée, nous apercevons un dirigeable sur notre gauche ; c’est très impressionnant. Nous l’évitons en bifurquant vers les terres, en direction de Caen. Les deux autres avions vont longer la côte, mais, comme nous sommes les plus lents, nous allons gagner du temps en prenant une route plus directe. En effet, il y a toujours le même problème : être de retour avant la nuit à Beauvais !
Au début de ce vol, il y a beaucoup de nuages, mais, une fois passé Caen, ils s’écartent au fur et à mesure de notre avancée vers le sud. Enfin, dans la lumière du soir, nous apercevons, droit devant nous, la baie du mont St Michel. Elle est brillante, un peu orangée et au milieu, un point noir. Ce n’est pas encore le mont, mais le rocher de Tombelaine. Au moins, nous ne risquons pas de nous tromper de direction ! Nous contournons la baie pour passer au sud du mont St Michel. Le spectacle est vraiment magnifique à cette heure. Les ombres s’allongent, la lumière est un peu rasante…inoubliable.
Nous approchons maintenant de Dinard. En contactant la tour, nous entendons que le DR400, bien plus rapide, est déjà arrivé : il est en train de faire le plein. Nous sommes à peine arrivés et il faut déjà repartir. Notre changement d’équipage se fait très facilement : Damien et moi échangeons nos places : et maintenant, direction l’Aigle.
Troisième branche : Dinard – l’Aigle
Nous partons quasiment plein Est. En passant, nous disons au revoir au mont St Michel et nous partons survoler le bocage normand. Aucune tour de contrôle à appeler, nous bavardons entre avions sur la fréquence. Naturellement, nous traînons derrière : notre avion est toujours le plus lent. Nous sommes dans les collines du Perche et ce terrain un peu accidenté est très agréable à regarder. Nous passons près de deux petits aérodromes avant d’arriver à l’Aigle. Là, nous brûlons la priorité au PA 28 qui, arrivé peu avant nous, tourne autour de l’aérodrome pour s’intégrer et préparer son atterrissage : cette fois, nous ne sommes pas les derniers.
La piste de l’Aigle est une petite piste en dur, très mignonne. Bien sûr les passagers du DR400 sont arrivés avant nous : ils boivent un coup à l’aéro-club local.
Changement d’équipage : cette fois, je suis aux commandes du PA28 avec Manu comme copilote.
Quatrième branche : l’Aigle – Beauvais.
Il faut faire vite, si on veut arriver avant la nuit et je n’ai pas souvent piloté le PA28. Heureusement, Manu est à côté de moi ; il a plus l’habitude de cet avion et me guide au fur et à mesure. A cette heure-ci, le vol est très agréable : l’atmosphère est très calme et nous glissons simplement dans l’air, sans aucune turbulence. En passant près d’Evreux, nous survolons la base aérienne, déserte à ce moment-là. Le soleil va bientôt se coucher.
Nous approchons de Beauvais et nous contactons la tour de contrôle. Nous avons décollé en dernier et normalement, nous devrions rattraper le Cessna 150, moins rapide. Nous faisons donc très attention, heureusement, les pilotes signalent leur position à la radio, ce qui nous aide à nous repérer.
Cela nous vaut un petit gag avec la tour Beauvais. En premier, le DR400, toujours en tête, indique qu’il est près de Gisors. Puis c’est au tour du Cessna 152 de s’annoncer « Travers Gisors ». En arrivant au même endroit, j’annonce : « F-FY, j’arrive travers Gisors. »
Le contrôleur répond : « Reçu F-FY…mais, vous êtes le troisième, et moi je ne sais toujours pas où est Gisors.
- A côté d’Etrépagny
- Ben voilà, là, je comprends mieux » Il faut l’excuser, il n’est pas du coin...
Enfin, nous arrivons à Beauvais, un avion de la Ryanair atterrit un peu avant nous, ce qui nous vaut quelques tours d’attente. Il fait presque nuit, la piste est éclairée, c’est magnifique ; aidée des conseils de Manu, je fais un atterrissage superbe (non, je ne me vante pas, ça m’arrive).
Nous avons fait un beau voyage.
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