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Cours de météo

Dimanche 19 mars 2006



D’abord, qu’est-ce que c’est qu’un secteur chaud ? En dehors de la zone comprise entre le front chaud et le front froid ?
Avant tout, c’est l’arrivée d’air tropical sur nos régions. Cet air tropical est chaud. Mais aussi, puisqu’il est passé sur l’Atlantique ou la Méditerranée, il est humide. Et il arrive sur un sol froid, surtout en hiver. Le sol peut aussi être froid en été, tout est relatif, il suffit que le sol soit plus froid que l’air pour que ça marche.
On va voir si vous avez bien retenus vos cours de PPL : quand de l’air humide se refroidit, il finit par… se condenser. Exactement comme l’air que vous expirez en hiver. Il est chaud et humide et arrive dans un air froid, résultat, vous « fumez » comme disent les enfants. Et cette « fumée », c’est de la vapeur d’eau qui se condense.

Donc, notre air chaud et humide arrive sur un sol froid et ça condense. Selon la situation (vent, température de l’air et du sol, degré d’humidité au départ), ça peut donner du mieux au pire :

Des strato-cumulus assez haut qui donnent quelques pluies isolées. Quelques réductions de visibilités liées à ces ondées. En général, ça arrive dans un secteur chaud d’été. Pas très grave, mais ça peut provoquer quelques émotions. (http://petite.pilote.legere.over-blog.com/article-1804285.html)
Des strato-cumulus bas ou des stratus. Ce qui est plus ennuyeux, parce que ça peut déjà accrocher le relief. Et, en plus, il risquent d’être accompagnés de brume ou de bruine, ce qui réduit parfois salement la visibilité. 
Du brouillard d’advection. Là, ne cherchez pas, vous ne volez plus. A vrai dire, les IFR aussi risquent bien d’être bloqués.
Le brouillard d’advection est un cauchemar du météo. Imaginez : à 6 h – 1/4, vous sortez, temps clair, tempête de ciel bleu, juste un petit nuage à l’horizon et vous dites : « Chouette journée ». ¼ plus tard vous avez 200 m de visibilité, et 8/8 de stratus à moins de 200 ft. Et ça dure ensuite jusqu’au soir.
J’en ai vu une fois avec plus de 10KT de vent (normalement, le brouillard et le vent sont incompatibles) ; je voyais passer de petits paquets de brouillards qui faisaient quelques mètres de diamètres et il y avait 100 m de visibilité totale.
Avec ce brouillard d’advection, nous commençons à percevoir le vrai danger du secteur chaud. Il réduit la visibilité et le plafond, oui, mais surtout il le fait SANS PREVENIR.

L’autre type de brouillard ou stratus, celui qui se forme dans les anticyclones (on les appelle brouillard de rayonnement) ne vous posera jamais de problème sérieux. Il se forme, lui, par le simple refroidissement de la masse d’air qui est là. Donc il s’installe sur place avec la baisse des températures et se dissipe quand elles montent. Simple, basique et facile à comprendre. Bien sûr, il vous empêche de décoller (ou d’arriver à destination), mais il est là, dès le matin et quand il se dissipe, il se dissipe vraiment et ça reste dégagé au moins jusqu’au soir, à la baisse des températures. Pas de problème, vous décollez quand ça se dégage et si vous trouvez du brouillard devant vous, pour pourrez toujours faire demi-tour : derrière, ça reste dégagé.

Mais, dans le secteur chaud, rien de tout cela. A l’aller, vous avez très bien pu avoir du beau temps, parce que à ce moment-là, les masses d’air les plus humides se trouvaient au-dessus d’un sol relativement chaud. Donc pas trop de nuages. Mais, au retour, comme par hasard, les masses d’air humides se sont déplacées, ont rencontré une zone plus froide et ça s’est refermé derrière vous. Et, il n’est même pas sûr que vous pourrez faire demi-tour. Ca à pu se former partout autour de vous et vous pouvez vous trouver enfermé. Et vous risquez d’être obligé d’atterrir en urgence. C’est sûr, vous aurez l’air con. Mais vous connaissez l’autre option, si vous avez lu ma devise…
Parce que, honnêtement, heurter un relief qu’on n’a pas vu, faute de visibilité, c’est un moyen de suicide très efficace ; si vous n’être pas convaincu lisez les rapport du BEA ; surtout l’hiver.

Ceci dit, une fois que vous savez tout ça, comment reconnaître un secteur chaud ?
C'est un peu une colle pour moi, car je sais où et comment obtenir des info que vous ne pouvez pas avoir. Donc j'ai fait travailler mon imagination.
Mettons que c’est l’hiver, temps à brouillard et stratus. Comment différencier le mauvais temps « anticyclone » du mauvais temps « secteur chaud » :

1° Passer voir le météo, il vous le dira... pas possible pour tout le monde.

2° Regarder la TEMSI EUROC; les fronts y sont toujours indiqués (rarement sur la TEMSI FRANCE). Un secteur chaud, c'est la zone entre le front chaud (à l'avant, symbolisé par des demi-cercles sur le trait) et le front froid (à l'arrière, symbolisé par des triangles sur
le trait).
Globalement, si vous êtes à l'avant d'un front froid et que les plafond sont bas, méfiez vous. Attention, à l'avant veut dire par rapport au sens du flux; il peut quelque fois être plein Sud, ou plein Nord. Voyez le sens des vent sur la carte en altitude.

3° Justement, prenez la carte du vent et rappellez-vous comment ils circulent par rapport aux anticyclone et aux dépression.
Dans l'hémisphère Nord, le vent laisse les basses pression à sa gauche (LOW to the LEFT). Ou si vous préférez, dans une Dépression il tourne dans le sans du Dévissage.
Situez les centres d'action (= les anticyclone et les dépessions). Voyez lequel des deux est le plus près de chez vous. Si c'est une dépression, méfiez vous.
Remarque : sur la TEMSI EUROC, les centres d'action sont indiqués par une croix avec à côté un H pour anticyclone L pour dépression.

4° Regadez le vent :
S'il y en a (une dixaine de kt) => vous êtes dans un secteur chaud (les phénomènes sont mouvants).
Il n'y en a pas => vous êtes dans un anticyclone (phénomènes évolutant localement)

5° Regardez les pressions (les QNH des METAR) :
Supérieur à 1020 = anticyclone avec certitude.
Inférieur à 1010= secteur chaud avec certitude.
Entre les deux, ça peut-être ambigu, voyez avec les autre éléments. Officiellement la limite est 1015. Mais j'ai vu des secteur chaud à pas loin de 1020.

6° Les températures : supérieur à 10°C=secteur chaud (en hiver),
Inférieur à 0°C=anticyclone à 80%.
Entre les deux= ambigu (le plus courant, pas de chance).

7° Prenez un échantillon des TAF de la région; pas pour connaître le temps prévu, pour savoir ce que pense le météo.
Il y a beaucoup de BECMG annonçant des amélioration en journée : évolution, de bonnes chance que ce soit anticyclonique.
Il y a des TEMPO : ça s'en va et ça revient, symptôme du secteur chaud.

Par MarieOdile
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Vendredi 28 avril 2006
Je connais deux cas où le brouillard se reforme rapidement, risquant de vous enfermer. Vous pouvez même être obligé de vous poser dans un champ d'urgence.

1) le brouillard d'advection. J'en ai déjà parlé (http://petite.pilote.legere.over-blog.com/categorie-537759.html). Il est redoutable. Il faut un peu de vent pour qu'il existe. Mais il peut alors envahir le terrain en 10', en surprenant le météo lui-même s'il est très tôt et pas encore d'image satellite des basses couches disponibles (il faut du soleil pour voir ce genre de phénomènes). Il peut aussi se reformer derrière vous. Donc dans ce cas, le champ est effectivement la meilleure solution. Ou prendre la fuite et atterrir plus loin.. mais ça peut mener très très loin, il faut donc de l'essence.

2) la "trouée du couillon" qui peut arriver s'il y a de la rosée, mais surtout de la gelée blanche.
La gelée blanche, vous savez, ces petits cristaux de glace qui blanchissent l'herbe en hiver, quand il gèle et que l'air est calme. Sur l'herbe, c'est très joli. Un peu moins sur votre voiture, ça vous oblige à gratter.
Donc l'air est calme, froid du brouillard s'est formé en fin de nuit. C'est une situation anticyclonique. Le soleil se lève et dissipe le brouillard. Vous attendiez tout impatient au pied de votre avion et vous partez (situation anticyclonique, c'est censé ne pas se reformer).
Et le soleil fait s'évaporer la gelée banche qui était au sol… Or de la gelée blanche, pour se transformer en vapeur d'eau a besoin de chaleur, de beaucoup de chaleur. Où va-t-elle la prendre ? Dans l'air, qui se refroidit brutalement.
L'air se refroidit, T descend au niveau de Td et... le brouillard se reforme.
Et vous vous venez de décoller et vous êtes au-dessus... vous comprenez pourquoi ça s'appelle la "trouée du couillon".
Bon, généralement, le second brouillard se dissipe assez rapidement, mais tout de même.
Donc méfiez-vous quand il T et Td sont proches (moins de 3 degrés de différence, après, il n'y plus trop de risque), avec de la rosée, ou pire de la gelée blanche. Même le météo peut se faire avoir, s'il n'a jamais expérimenté le phénomène, ou n'y a pas pensé.

Par MarieOdile
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Vendredi 28 avril 2006
Le givrage carburateur peut être une cause d'accident en avion : tout d'un coup votre moteur tousse, il n'est plus alimenté en essence et s'arrête. Au sol, on ne retrouve pas la cause de la panne, tout marche bien.
Cela arrive dans les avions, mais aussi, parfois, dans les voitures. Certains connaissent cela avec les deux chevaux et j'avais eu le problème dans mon ancienne AX. Au bout d'à peu près ½ heure de route, le moteur s'arrêtait, sans essence, j'attendais au bout de la route et ¼ d'heure plus tard, ça repartait, la glace dans le carburateur avait fondu et le moteur repartait… jusqu'à la panne suivante.

Vous allez me dire, le givrage du carburateur, ce n'est pas de la météo, c'est de la mécanique. Oui, mais il y a un rapport avec la météo.

Le givrage a lieu, parce que dans le carburateur, au passage du gicleur l'air est refroidi de 10 à 15 degrés. Donc, si dehors il y des températures entre 0 et 15 dg, au niveau du carburateur, l'air est entre 0 et –10°C.
Si l'humidité est forte, de l'eau qui passe avec l'air dans le gicleur. Or à cette température, l'eau se trouve en général sous forme surfondue. C'est à dire que, même si elles sont à températures négatives, ce sont des gouttelettes d'eau sous forme liquide. Mais cette surfusion est instable et dès qu'une gouttelette touche quelque chose (la paroi de votre carburateur, en l'occurrence) elle se congèle. Cela peut finir par obstruer complètement le gicleur.
S'il fait plus froid, le carburateur se trouve à une températures inférieure à -10°c et il n'y a quasiment plus d'eau surfondue. Il y a plutôt des petits cristaux de glace, qui auront beaucoup moins tendance à boucher le gicleur.
Par MarieOdile
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Dimanche 24 septembre 2006
Voici une perturbation classique de nos régions ; un cas d’école comme on en voit peu.

J'ai noté approximativement les fronts chauds, froids et l'occlusion sur les images. C'est intentionnellement que je ne les ai pas attachés. D'abord, parce qu'avec cette seule image, je ne peux pas savoir où est le point de rencontre. Ensuite, parce que les recherches récentes montrent que, souvent, ce "point triple" n'existe pas. Encore une chose que vous pouvez retenir pour vous... mais à oublier le jour où vous passez votre examen.



On voit, dans le centre dépressionnaire des nuages en forme de virgules qui tourbillonnent, probablement des CB. Un peu plus développés et organisés, on les appellerait des fronts froids secondaires. Lignes d'averses orageuses souvent présentes dans la traîne, après le passage du front.
Elles peuvent parfois faire 200 à 300 kilomètres de long. Inutile de dire que, dans ce cas, il ne faut pas espérer les contourner, surtout en avion léger. Si vous voulez passer derrière, il faut atterrir, vous mettre à l'abri, amarrer l'avion, et attendre que ça passe.

Au sud du front froid, l'ex-cyclone « Gordon » est repris dans la circulation. Sur la seconde photo, on voit qu'il réactive le front et que ça commence à tourbillonner. La naissance, ou la renaissance d'une perturbation. On appelle cela une ondulation. Elle peut-être dû à un ancien cyclone, une île, une anomalie en altitude, tout ce qui pourra entraîner un léger tourbillon de l'air. Elle s'accentuera si l'environnement lui est favorable, sinon elle mourra assez vite.
Ainsi va le cycle infini des perturbations...




Et voici un joli article qui parle aussi de Gordon et de ses effets… sur les planeurs http://perso.orange.fr/cevvhb/recits/vf20060921.html.
Par MarieOdile
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Vendredi 27 octobre 2006
Question posée sur la pilotliste (http://www.pilotlist.org/) : "Est-ce que quelqu'un peut me rappeler ce qu'est un jet ?"

Les jets (appelés aussi courant-jet ou jet-stream) sont des vents de haute altitude qui sont... très puissants. Au moins 100 kt, et parfois beaucoup plus. Sous nos latitudes, ils vont d'Ouest en Est.
Je ne connais pas l'histoire exacte, mais j'ai entendu dire crois qu'ils ont été découverts par des pilotes qui tentaient de traverser l'Atlantique dans le "mauvais sens"; ils sont entrés dans le Jet et se sont rendus compte qu'ils n'arrivaient plus à avancer.

Le jet est situé sous la tropopause, me voilà donc obligée d'expliquer ce que c'est …

Notre sphère atmosphérique, où se situent les phénomènes météorologiques, s'appelle la troposphère. En moyenne la température y décroît avec l'altitude (les fameux 2°C pour 1000 ft).
A la tropopause, la température arrête de décroître. La tropopause, c'est la frontière. Au-dessus, on trouve la stratosphère. Dans la stratosphère, la température remonte avec l'altitude. C'est dû, entre autre, à la fameuse couche d'ozone qui se situe à cette altitude. Dans la stratosphère, on a des phénomènes météo exotiques et mal connus (difficiles à étudier).
Au niveau du pôle, la tropopause est basse (environ 8 km), elle est plus haute au niveau de l'équateur (12 km). Ces deux tropopauses sont se rencontrent sous nos latitudes. Chez nous, on peut trouver soit l'une, soit l'autre, soit une tropopause intermédiaire, soit même les deux. Et c'est là que ça devient intéressant.
En général, la tropopause est une limite assez étanche; l'air s'échange assez peu entre la troposphère et la stratosphère. Mais cela arrive, en particulier sous nos latitudes justement, lors de la "cassure" entre les deux tropopauses. Et quand l'air stratosphérique entre dans la troposphère, cela peut donner des phénomènes assez violents, genre tempêtes ou orages forts.
Et c'est justement là, coincé entre les deux, qu'on trouve en général le courant Jet.

Une petite illustration avec la TEMSI du jour : http://img144.imageshack.us/img144/4310/jetqr6.gif


Par MarieOdile
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